DANSES TRADITIONNELLES D’AFRIQUE DU NORD


 

Les rythmes et les styles de danses du Maghreb central (Algérie, Maroc, Tunisie) d’essence amazighe ont été façonnés historiquement par les multiples apports de l’espace méditerranéen, de l’Afrique subsaharienne et de l’Islam. Ces danses jouent un rôle dans l’ensemble des évènements de la vie qui vont de la fête (mariages, naissances, circoncisions …) au travail et se pratiquent aussi bien dans les milieux religieux et profanes que dans des environnements citadins et ruraux.
Cette diversité contredit des termes réducteurs comme « danse du ventre » ou « danse orientale » « déplacée par erreur du Moyen-Orient au Maghreb sur la carte des chorégraphies ».
Les danses de style andalou, liées à une élite citadine, que l’on rencontre dans les grandes villes comme Fès, Rabat, Tlemcen, Alger, Constantine, Tunis se sont développées en liaison avec la musique andalouse sous l’influence arabo-musulmane. Une variante populaire, le chaabi, issue de cette combinaison musicale et d’influences locales se jouent et se dansent plus couramment. Des orchestres classiques à cordes (luth, violon…) déterminent l’écriture musicale de ce répertoire citadin marqué rythmiquement par des percussions (darbouka, tar naqqarat). Ces danses se pratiquent principalement dans un but de divertissement.
Les danses liées à la ruralité sont essentiellement de tradition amazighe et sont fortement ancrées dans la vie sociale et agricole. Une association interactive entre la poésie, le chant, la musique et la danse caractérise la fête rurale. Tous les villageois affichent une participation que ce soit dans des danses de groupe organisées en ligne, cercle ou double front comme les ahwash au Maroc ou dans des interprétations individuelles comme les danses kabyles en Algérie. Des percussions (bendir, T’bel…) et des instruments à vent (gasba, ghaïta…) accompagnent les chants et les danses de ces contrées. Les instruments à cordes sont peu présents et souvent réservés aux musiciens professionnels.
Les danses religieuses ou plus spécialement liées au sacré tirent leur légitimité de l’Islam bien que l’Islam orthodoxe s’oppose aux pratiques d’un islam populaire tourné vers le culte des saints, celui des confréries maraboutiques. Certaines accordent une place importante à la musique et aux danses extatiques comme la hadra dans les confréries issues du soufisme (Aïssaoua, Souleymiya…) ou aux transes de possession parmi les confréries noires (Gnaouas, Soudanis …). Ces danses ont pour fonctions une quête d’union avec le divin ou le sacré, une communion entre les individus ou un rôle thérapeutique dans certaines maladies et se manifestent autant dans les milieux citadins que ruraux. Les instruments utilisés dans les hadra sont des percussions et des instruments à vent (bendir, nay, ghaïta) et ceux des danses de possessions proviennent de l’Afrique noire (gumbri, qarqabous, ganga).
Il existe également des groupes professionnels traditionnels de musiciens(nes), poètes(ses), chanteurs(ses) et danseurs(ses) très sollicités pour entretenir l’ambiance et la convivialité des fêtes familiales ou publiques (Chikhat ou Mashta, Gnaoua ou Soudanis, Raïs chleuh, Kerkenniens…)
Durant ces dernières décennies, une nouvelle génération d’artistes prend le relais et se produit d’une rive à l’autre de la mer Méditerranée dans le cadre de concerts avec une instrumentation traditionnelle et moderne. En effet, qui n’a pas dansé sur les rythmes de Idir, Takfarines, Khaled, Nass El Ghiwan, l’ONB ou encore les Diwan de Béchar…
Alors, place à la danse et si votre public ne maîtrise pas encore cette pratique corporelle, n’hésitez pas à faire appel à l’association MISTOUTA pour organiser au sein de votre structure des stages d’initiation aux danses traditionnelles d’Afrique du Nord.

Saliha Bachiri


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